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Faculté d’odontologie de Tours : former ici pour mieux répondre aux besoins des territoires

Ouverte en 2022, la faculté d’odontologie de Tours est née d’un constat simple : pendant des années, les étudiants du Centre-Val de Loire partaient se former dans d’autres régions et peu revenaient ensuite y exercer. Pour contribuer à inverser cette tendance, universitaires, hospitaliers, collectivités et professionnels libéraux ont construit un projet profondément régional. Dès l’origine, l’URPS Chirurgiens-Dentistes Centre-Val de Loire s’y est fortement investie. 
La Fédération des URPS s’est entretenue avec Pr Frédéric Denis, doyen de la faculté d’odontologie de Tours ; Bruno Meymandi-Nejad, président de l’URPS Chirurgiens-Dentistes Centre-Val de Loire et Dr Hervé Becquet, assesseur aux relations territoriales de la faculté d’odontologie de Tours et chargé du déploiement de la maîtrise de stage en région. 

@CHU Orléans

Former en Centre-Val de Loire pour favoriser les installations 

Avant 2022, les étudiants issus de la filière santé à Tours qui choisissaient l’odontologie poursuivaient notamment leur cursus à Nantes, Clermont-Ferrand ou Montpellier. Un départ pour les études qui se transformait souvent en installation durable hors de la région. 

« Les étudiants, en règle générale, s’installent à proximité de leur lieu de formation », résume le Pr Frédéric Denis, doyen de la faculté d’odontologie de Tours. « Très peu revenaient finalement dans la région. » 

Dans une région confrontée à une démographie défavorable des chirurgiens-dentistes sur certains territoires, créer une formation locale répondait donc à un objectif qui dépasse largement la seule question universitaire : former davantage de professionnels en Centre-Val de Loire et leur donner envie d’y construire leur exercice futur. 

La faculté accueille ses étudiants depuis septembre 2022. Une nouvelle étape est désormais franchie : l’Université de Tours pourra délivrer ses premiers diplômes de docteur en chirurgie dentaire au cours de l’année universitaire 2026-2027. À partir de 2027-2028, l’objectif est de former 50 étudiants chaque année. 

L’URPS Chirurgiens-Dentistes engagée bien avant l’ouverture de la faculté 

La création de la faculté ne part pas d’une page blanche. Avant elle, des antennes universitaires avaient déjà été développées à Orléans puis à Tours afin d’accueillir des étudiants en sixième année et de les faire revenir sur le territoire. 

Pour Bruno Meymandi-Nejad, président de l’URPS Chirurgiens-Dentistes Centre-Val de Loire, cette première expérience a constitué le point de départ d’une ambition plus large. 

« Une fois que les antennes étaient en place, c’était logique qu’on passe à une faculté », explique-t-il. 

L’URPS a accompagné cette dynamique dès ses débuts : soutien financier aux premières antennes, participation à la construction du projet, mobilisation des professionnels libéraux, accompagnement de la maîtrise de stage ou encore soutien matériel aux étudiants. 

Depuis l’ouverture de la faculté, l’URPS participe notamment au financement des trousses de matériel nécessaires aux travaux pratiques des étudiants. Une action qui répond aussi à un objectif d’égalité d’accès aux études. 

Mais pour Bruno Meymandi-Nejad, l’investissement de l’URPS répond avant tout à la mission même de l’Union : préparer l’avenir de l’exercice libéral. 

« La formation universitaire fabrique des libéraux. Donc on investit dans une formation universitaire pour qu’ils soient épanouis. Tout simplement. » 

Une faculté à Tours, mais une formation pensée à l’échelle régionale 

Former à Tours ne suffit toutefois pas à créer un attachement à l’ensemble du Centre-Val de Loire. 

C’est l’un des partis pris structurants du projet : amener progressivement les étudiants hors des murs de la faculté et de l’hôpital universitaire pour leur faire découvrir les réalités d’exercice dans les différents départements. 

Le Dr Hervé Becquet, assesseur aux relations territoriales de la faculté d’odontologie de Tours et chargé du déploiement de la maîtrise de stage en région, l’explique ainsi : 

« Il fallait aller encore plus loin que de les former simplement en région Centre. Il fallait au plus vite envoyer les étudiants sur le territoire et sur l’intégralité du territoire pour qu’ils s’y attachent et qu’ils puissent créer des liens qui feront qu’un jour ils s’installeront peut-être ici. » 

La faculté développe ainsi un réseau de maîtres de stage universitaires répartis sur les six départements. Les étudiants découvrent l’exercice libéral dès leur deuxième année, puis bénéficient d’autres immersions au cours de leur cursus avant le stage de 250 heures réalisé en fin d’études. 

Cette organisation permet de découvrir un cabinet, une patientèle, mais aussi un territoire et son environnement professionnel. 

Elle s’appuie également sur plusieurs centres hospitaliers de la région afin que la formation ne soit pas concentrée sur le seul axe tourangeau. Cette logique de maillage territorial se retrouve dans la structuration d’une coopération interhospitalière en odontologie entre les établissements de la région, également soutenue par l’URPS. 

@CHU Orléans

Faire entrer davantage l’exercice libéral dans la formation 

Cette territorialisation répond à une autre volonté partagée par les trois acteurs : rapprocher la formation des conditions dans lesquelles la très grande majorité des futurs chirurgiens-dentistes exerceront réellement. 

Pour le Pr Frédéric Denis, c’est même l’un des messages essentiels du projet. 

« Il y a un non-sens à vouloir former des étudiants à l’hôpital alors qu’ils se destinent à l’exercice libéral. Il manque quelque chose dans la formation. » 

L’enjeu n’est pas d’opposer formation hospitalière et exercice en ville, mais de les rendre complémentaires. À l’hôpital, les étudiants sont notamment confrontés à des patients présentant des pathologies complexes ou à des situations particulières. Les stages auprès des professionnels libéraux leur permettent parallèlement d’appréhender le fonctionnement quotidien d’un cabinet et la relation avec une patientèle de ville. 

Cette complémentarité est au cœur du projet pédagogique, construit avec les universitaires, les hospitaliers et les libéraux. 

Elle doit également préparer les futurs professionnels aux évolutions de leur métier : travail interprofessionnel, exercice coordonné, prévention et promotion de la santé ou encore implication dans les dynamiques territoriales. 

Rien ne s’améliorera sans la collaboration des praticiens libéraux  

Quatre ans après l’ouverture de la faculté, le premier véritable bilan sur l’installation des diplômés reste encore à construire. Les premières promotions arrivent seulement au terme de leur cursus. 

Mais pour le Dr Hervé Becquet, la suite dépend déjà fortement de la mobilisation des chirurgiens-dentistes installés. 

« Rien ne fonctionnera et rien ne s’améliorera sans leur collaboration. » 

Et cette collaboration passe notamment par l’accueil des étudiants en cabinet. 

« Il faut absolument accueillir des étudiants dans leur cabinet si l’on veut améliorer le maintien des étudiants dans la région. » 

Derrière la création de la faculté se dessine ainsi un projet plus large : faire de la formation un levier d’attractivité et d’accès aux soins, en permettant aux étudiants de connaître les territoires, d’y créer leurs premiers liens professionnels et, demain, d’envisager d’y exercer. 

Pour l’URPS Chirurgiens-Dentistes, le chantier n’est donc pas terminé. Comme le résume Bruno Meymandi-Nejad, la faculté constitue davantage « un point d’étape » qu’un aboutissement. 

L’objectif reste le même : construire, avec les universitaires, les hospitaliers et les professionnels libéraux, les conditions permettant aux futurs chirurgiens-dentistes de trouver leur place dans la région — et aux territoires de bénéficier demain de leur présence. 

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